I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Ven 26 Aoû - 2:04

Film grandiose sur notre rapport à l'image, à la servitude, avec en prime un discours sur le lien étroit entre le faux et le vrai, l'un devenant indissociable de l'autre, doublé d'un rapport mythologique pertinent (le titre et la scène finale de ouf), admirablement bien filmé (ces caaaaaaaaaaadres) et pensé (cette obsession des écrans qui revient tout le temps comme illustration omniprésente des regards), avec un zic de Morriconne intelligemment utilisée, un Montand au sommet, un film qu'on devrait montrer dans les écoles de cinéma quoi !

Quelques mots sur le travail de Verneuil; le cinéma français tenait là un artisan assez incroyable, d'une précision technique inouïe et d'un professionnalisme inébranlable, un technicien tout entier voué au langage des images, dans sa parfaite compréhension du médium cinéma.

C'est énormeuh !

Il faut le voir !

Vintage approved !!!!

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Ven 26 Aoû - 4:00

Dis moi mon petit Milbart, tu t'es spectaculairement amélioré dans ta façon de rapporter une émotion filmique depuis tes premiers posts sur ce forum. Vraiment j'apprécie.

Concernant "I Comme Icare", sous réserve d'une évalutation à la hausse à l'occasion d'une prochaine revoyure, le terme "grandiose" me paraît quand même un peu outré...Tous les thèmes que tu évoques à propos du film se rejoignent à mon avis de manière bien plus fulgurante et subtile chez les réalisateurs italiens des années 70.
Mais quoi qu'il en soit, on est d'accord, Henri Verneuil reste du bon cinéma populaire français de qualité, qui passait régulièrement en prime time sur TF1 dans les années 80, entre le cinéma indé des Cinés Clubs et les conneries gaudrioles...En prime, la ménagère de moins de 50 ans pouvait entendre les partitions flippées, atonales et nocturnes d'Ennio Morricone à 20h30...Rétrospectivement, c'est assez vertigineux de penser que 50% de la population française (à l'époque il n'y avait que 3 Chaînes de télé) avait accès à ce genre de musique. affraid

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Ven 26 Aoû - 4:16

Voila le genre de musique que la ménagère accro à Mimi Mattie ou au beau Doctor House (qui n'est pas Mickey Mouse) entendait alors à l'époque quand elle allumait le soir son écran TV...Un autre film d'Henri Verneuil avec le très populaire Belmondo.
Quelle autre musique pour décrire la paranoia, la menace et mélancolie des Grandes Villes que celle là ?


Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Ven 26 Aoû - 12:27

Par contre, toi, mon cher LHO, pour te rassurer, je dirais que...tu n'as pas "chanché" !



"Ché souis touchours le même que ch'étais..."

J'ai entendu quelques réflexions pertinentes à propos de ce film.
Déjà, il est vrai qu'à la revoyure, si le brillant de la mise en scène (et de tout le travail technique en son ensemble, utilisation intra et extra-diégétique de la musique, etc) demeure d'un tel éclat, il est probable que le fait de déjà connaître la fin du film (et quelle fin !) puisse quelque peu atténuer le plaisir du spectacle (cette chute brutale provoque tout de même l'effet d'une bombe)...

Et on pourrait également dire que la fameuse séquence de l'expérience, bien que l'on ressente la fascination du cinéaste pour les thématiques et autres analyses qui s'en dégagent, est un peu de "trop".
Si elle est vraiment brillante, elle donne pourtant l'impression, de par sa longueur (vingt bonnes minutes, wow !) de visionner deux films en un seul.
I comme icare commence à la façon d'un film paranoïaque politique...et là, on s'étend vers autre chose, vers un discours qui rejoint la politique, certes (l"asservissement total et fatal du citoyen) mais ne s'incruste pas parfaitement à la narration...

Car au final, on a l'impression que Verneuil (je rappelle que le scénario est de lui !) désirait plus que tout faire un film sur cette expérience et ce qui s'en dégage, mais, faute de scénario compatible, il a tout simplement fait "deux films en un"...

Sinon, on m'a parlé de DePalma.
Et c'est vrai que quiconque a eu la chance de voir l'excellent Phantom of The Paradise ne pourra que faire l'analogie entre les deux films, non pas spécifiquement par l'histoire, mais plus par le traitement (omniprésence des écrans !).

Voilà voilà voilà... I don't want that

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Ven 26 Aoû - 19:36

Tu vois, tu aurais glissé subrepticement une allusion à un lien entre mon pseudo et le film de Verneuil, t'aurais définitivement gagné toute mon estime...tongue

Ah De Palma...Voilà un autre qui reprend tous les thèmes que tu as évoqués à propos de "I Comme Icare" mais pour les élever à un niveau que j'aimerais qualifier de métaphysique (ou de mise en abyme vertigineuse du spectacle filmique) là ou chez Verneuil malgré tout la réflexion ne transcende jamais le narratif...C'est pour cela que qualifier cela de "grandiose" hum, le critique de ciné doit toujours se montrer raisonné dans les adjectifs choisis sous peine de perdre toute crédibilité...C'est sa mission de poser sa tête sur l'encolure de la bête pour entendre le battement mystérieux de son coeur et d'en rapporter le plus fidèlement les échos perçus,
moins de s'enthousiasmer à la manière d'une midinette devant un concert de Justin Bieber. Mr. Green

Mais encore une fois Verneuil ça reste tout à fait estimable, quelle bouffée d'air ce fut (enfin j'imagine) par rapport aux pesanteurs théoriques étouffantes de la Nouvelle Vague qui continuait à tenir le cinéma français roide et calculateur.

Et je t'envie de ne connaitre pour l'instant qu'un seul film de De Palma...ah sa dizaine de chef d'oeuvre qu'il te reste à découvrir...thumleft

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Ven 26 Aoû - 23:59

Evidemment, il n'est peut être pas utile de préciser que le nom de l'assassin présumé est un quasi anagramme du fameux Oswald...pour le reste, la passion super-subjective, l'enthousiasme débordant, l'exagération marseillaise en diable, allant même jusqu'à dépasser toute crédibilité « journalistique » sont des choses qui, j’imagine, sont un peu communes à mon âge.

Certes, ce ne sont pas les pires choses (je ne brûle pas de voiture, je ne crache pas sur les trottoirs), mais un peu de modération, j’imagine, ne serait parfois pas de refus : au fil des années, je suis certain que cette modération sera, peu à peu, mienne. Mais, déjà, quand je relis de vieux posts (honteux), et quand j’écris quelques papiers pour divers zines, je suis certain de trop en faire, je m’étonne déjà de mon enthousiasme mettant presque au rang de Dieux les artistes que j’admire…ou que j’admirais.

Cette fan-attitude excessive, je m’en détacherais peut être un jour…

Je le constate souvent dans la vie de tous les jours avec mes potes, cet enthousiasme débordant :

-Ouah, le projet philosophique de machin, génial ! Et ils ont eu de trop bonnes idées !
-… (ah ce moment là, tu as soit le choix entre opiner discrètement du chef en souriant, puis partir sur une autre conversation, ou bien dire, ton sarcastique à l’appui : « Ah ouais, bof, leur truc préchi-précha à l’eau de rose, mal foutu, que tous les conformistes de la classe adorent parce qu’ils n’ont pas pu se payer le logiciel de montage qu’il faut, ce machin interminable avec une fille qui sort son grand numéro d’hystérique à la Isabelle Adjani, réalisé par des fans du ciné de Darren Aronofsky mais qui n'ont jamais vu un seul Terrence Malick ou un seul Bergman, ah-ah ! »)

Mais bon, la vie d’étudiant est très instructive. Très rigolo. rendeer

Sinon, durant cette période estivale, pour changer, j’ai surtout mangé beaucoup, beaucoup de séries prodigieuses, et peu de films. Donc, je mets de côté les Peter Jackson, DePalma, Antonioni, François Truffaut, Ken Russel et autres Cassavetes que je me dois de voir… king

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Sam 27 Aoû - 0:53

milbart a écrit:une fille qui sort son grand numéro d’hystérique à la Isabelle Adjani

Mais enfin de quoi tu parles...? tongue


Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Sam 27 Aoû - 1:05

milbart a écrit:Ken Russel

Great. Je suis pour la réévaluation de ce cinéaste. Très mal considéré par la critique sa sorte d'académisme poussé à bloc sans mouvements m'a tu vu gratuits ni d'ironie permanente...Les critiques actuels préfèrent Tarantino, ils ne peuvent pas apprécier Ken Russel, si ils aiment l'un ils ne peuvent pas aimer l'autre, c'est logique hein.

A voir son film "Les Diables" sur l'affaire des "Possédées de Loudun", rarement vu quelque chose d'aussi excessif et hystérique. Passionnant.

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Sam 27 Aoû - 1:12

Sinon ton enthousiasme, ça va c'est un péché véniel...Et puis t'es pas en train de rédiger trois feuillets théoriques sur le film pour le publier aux Cahiers Du Cinéma. L'important c'est que à côté tu le justifie en parlant de manière méthodique du film vu et tu l'as très bien fait pour "I Comme Icare". Ca m'a donné envie de le revoir tiens.

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Sam 27 Aoû - 12:16

Les Diables, c'est une de mes prochaines séances !
Je dois le voir pour expier mes péchés (un marathon Adam Sandler d'une semaine en juillet, par exemple, onze Adam Sandler tout de même, d'affilée).
Tout en attaquant L'Enfer de Dante. (faculté oblige)
Zulawski est aussi sur ma liste...le bon film, pour commencer...Possession ?

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Sam 27 Aoû - 14:47

J'ai vu Les Diables. Vraiment un film "autre"...une sorte de poème baroque et délirant, un film d'une hystérie terrible et, en même temps, d'une qualité graphique vraiment dingue. Singulier...

Sinon, je ne vois pas le rapport avec le cinéma de Tarantino pour lequel j'ai beaucoup d'affection, mais si tu voulais parler d'auteurs surestimés de nos jours, j'aurais plutôt, pour ma part, cité le nom d'un Zack Snyder ou d'un Christopher Nolan, par exemple.

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Dim 28 Aoû - 8:32

milbart a écrit:(faculté oblige)

T'es en Licence Filmologie ? Ecole de Cinéma ? Impressions ? T'as des profs qui ont pignon sur rue dans la profession ?

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Dim 28 Aoû - 8:41

milbart a écrit:Zulawski est aussi sur ma liste...le bon film, pour commencer...Possession ?

"Possession" oui pour commencer...si tu as survécu à la première vision, tu peux enchaîner avec "L'important C'est d'Aimer" (avec Romy Schneider dans un de ses meilleurs rôles, d'ailleurs elle ne joue pas, ça tient du psychodrome vécu en écho avec ce qu'elle était en train de vivre dans sa vie réelle son interprétation dans ce film. Et aussi un fabuleux Jacques Dutronc, un grand acteur à mon avis, il en dit toujours 1000 fois plus au Cinéma sur l'être au fond torturé et mélancolique qu'il est que dans ses chansons).
Ensuite tu peux remonter à son oeuvre polonaise...Mais là c'est tout un fatras symbolico ésotérico mystique, un salmigondis d'obsessions personnelles certes passionantes à analyser mais je te préviens faut avoir la disposition d'esprit pour encaisser le baroquisme halluciné d'un poète fou.

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Dim 28 Aoû - 8:56

milbart a écrit:Sinon, je ne vois pas le rapport avec le cinéma de Tarantino pour lequel j'ai beaucoup d'affection, mais si tu voulais parler d'auteurs surestimés de nos jours, j'aurais plutôt, pour ma part, cité le nom d'un Zack Snyder ou d'un Christopher Nolan, par exemple.

Bien confidence pour confidence, j'aime aussi Tarantino...D'ailleurs je pense que tous les geeks dingos de cinéma qui savent ce que c'est que d'enchaîner quatre obscurités de Cinéma bis en une seule nuit, et sans se lasser, ne peuvent avoir que de "l'affection" pour ce type. tongue
Et puis bon, il vaut mieux que l'image de petit malin recycleur que se plaisent à décrire ses détracteurs.

En fait avec Ken Russel, ce n'était pas vraiment une comparaison, c'était juste un mouvement d'humeur, parce que Ken Russel a mauvaise presse, notamment sa série de biopics est très mal vu à l'aune des critères du cinéma contemporain, dont Tarentino est en quelque sorte l'épitomé.

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Dim 28 Aoû - 12:30

Tarantino, c'est un peu le JLG. des cinéphages bisseux, en effet Smile

Sinon, je voulais avoir ton avis, histoire de faire une pierre deux coups comme on dit. J'ai fait confiance à mon dealer et me suis procuré un peu de came à la DePalma...

Pulsions: celui-ci me tentait depuis longtemps, sacrebleu ! tongue
Blow Out: comment ? Travolta ne tournait pas encore dans Battlefield Earth ?
et last but not least: le fameux Body Double.

Au fait, je n'ai pas que vu le sublime Phantom of The Paradise, j'ai aussi eu la chance de voir l'excellent Les incorruptibles...une leçon de mise en scène ! La scène de la gare est franchement d'une classe inouïe. Ou comment rendre hommage à ses sources sans que ça ampute la narration ou la crédibilité du film, créer une séquence apte à être étudiée dans les écoles de cinéma, et qui en plus de cela dégage une époustouflante classe doublée d'une précision technique de mathématicien.

Edit: ah, je vois que tu connais la fabuleuse chanson de Christophe Hondelatte ! Sinon, je suis en...Lettres Modernes. J'enquillerais peut être, après une licence, sur une école de journalisme. En tout cas, je n'ai vraiment pas envie, dans l'absolu, de devenir prof...(et ca n'a rien à voir avec Gérard Lauzier ou Patrick Schulmann)

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Dim 28 Aoû - 15:20

Je sais pas ce que j'ai, j'oublie tout là... rambo

J'ai aussi vu Scarface, pas mon préféré même si l'on ressent l'apport politique essentiel d'Oliver Stone (cinéaste que j'admire, pour le pire et le meilleur), mais je mets sur un piédestal bien plus haut le très émouvant L'Impasse, pas revu depuis un bail, mais crépusculaire à l'envie...

Sinon, Blow Out, c'est du grand art. Ce plan-séquence "tournoyant" qui n'en finit pas, ces cadrages chirurgicaux, ce "voyeurisme" auditif...

DePalma est mon nouveau Dieu.

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Dim 28 Aoû - 15:47

Bref, Blow Out, j'oubliais un truc: la mise en scène c'est la classe totale, et la conclusion, malgré le fait qu'elle soit l'aboutissement d'une deuxième partie un peu bordélique (l'histoire en elle même, qui est coupable de quoi, je trouve qu'on s'en fout un peu, par contre le traitement c'est du grand art !) est d'un jusqu'au boutisme plus que respectable: en fait, ce film en raconte pas l'histoire d'un meurtre, ni une love story...mais l'histoire d'un gars qui vit dans son monde "sonore", aux repères purement auditifs, et est, durant tout le film, à la recherche du cri parfait...

drunken

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Dim 28 Aoû - 18:26

Body Double: au delà du thème musical cultissime et de l'aspect "matons du film voyeuriste sournois et poisseux à la DePalma" se dévoile une œuvre assez géniale, où les références hitchcockiennes (comme toujours) se mêlent à la dépravation d'une époque. C'est un film sur tout un nouveau cinéma, bien éloigné du rêve hollywoodien, où règne le sexe sale, parfois mêlé d’hémoglobine juteuse. En soi, c'est un film sur une époque, dans tous ses travers putrides, son clinquant, sa vulgarité incroyable, ses bassesses artistiques...Du vrai DePalma.

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Lun 29 Aoû - 6:19

milbart a écrit:Pulsions

"Dressed To Kill"...Préférer les titres dans leur version originale, l'anglais est toujours 100 fois plus évocateur que le français...tongue

Vaste sujet que De Palma, c'est l'un des cinéastes qui m'a fait comprendre ce qu'était l'intelligence polyphonique de la mise en scène (de nombreux exemples de la possibilité de la caméra dans ses films)...Et puis s'il n'y avait que cela...De Palma c'est aussi l'utilisation étourdissante de la bande son, du jeu d'acteur (Al Pacino, Michael Caine !), des ressources narratives, le maniérisme mais sans jamais tourné dans le vide, le mystère du temps filmique différent de la durée normale (le sens du rythme) sans parler de ses thèmes souvent tendus, oppressants, vénéneux.

Si tu trouves plaisir pervers à mettre tes nerfs en pelote et si tu as un goût esthétique porté vers le romantisme morbide, je te conseillerais la vision d'"Obsession", variation étourdissante sur le "Vertigo" d'Hitchcock. Un de ses premiers films, on n'y trouve pas encore ce côté théorique, cérebral qui peut rebuter certains ou même cette part kitchissisme qui décolore un peu certains de ses films.

Déja, la musique cauchemardesque d'Herrmann dit tout...


Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Lun 29 Aoû - 14:30

Dressed to Kill donc. La première demie-heure, c'est la perfection même. Du grand art, surprenant, inattendu, prestigieux.

Une atmosphère qui laisse deviner un Polanski-like (Répulsion, en moins stressant tout de même, ce film est merveilleux), une illustration crédible de la femme (bien plus sensuelle que Nancy Allen soit-dit en passant, érotique en diable), cette scène géniale du musée (un jeu interminable de chat et de souris), et ce thème musical splendide...(par contre, pas pigé l’utilité de la maladie vénérienne...hallucination due aux remords ? simple détail moraliste un peu encombrant ?).

Un peu déçu donc..que ca vire au thriller à la sous-Psycho (même si très divertissant) dans sa deuxième partie.
Efficace, certes.
Mais De Palma n'est jamais aussi bon, dans ce film, que quand il se joue des archétypes féminins: la "putain", la "mal baisée" (et même l'infirmière...)

Reste un dernier élan fulgurant appuyant le propos parano (la dernière scène).

Voilà. Une demie franche réussite.

Inégal mais pas inintéressant du tout.

Smile

Allez. C'est parti pour Furie !

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Lun 29 Aoû - 17:53

Furie: un autre De Palma des seventies, l'époque prodigieuse, l'époque vicieuse, l'époque passionnante, l'époque expérimentale...qui sera symboliquement conclue par le génial et pervers Body Double, mise en abime de tout cela, LE film d'une époque et d'un nouveau cinéma.

Alors alors alors...

C'est sympa.

C'est un mélange hybride entre un film d’espionnage et un spectaculaire récit gorasse se basant sur un surnaturel à la Stephen King (encore une fois, les analogies dans la carrière de De Palma reviennent au galop), le tout demeurant assez inégal. Pour ma part, je retiendrais un final assez fou (à la Cronenberg, dans son apothéose...si je peux me permettre cette comparaison un peu douteuse) et une technique que je trouve admirable, qui est cet effet tout bête de zooms simultanés et brutaux, ce genre de montage choc qui me fait penser à...Seul Contre Tous. Je ne sais pas si je suis très clair ?...Donc effectivement, c'est un peu le genre d’œuvres de commande que De Palma peindra avec ironie par la suite...

C'est un film qui, en deux mots pour un De Palma, déçoit un peu. Bien que ce ne soit qu'une oeuvre de commande, raillée parfois par un véritable auteur à bord. Exemple ? De Palma n'aime pas les poursuites en voitures. On lui ordonne. Que fait-il ? Il filme la scène dans le brouillard !


Prochain De Palma Mamia: Le Bûcher des Vanités

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Lun 29 Aoû - 23:37

Voilà, vu le film sus-nommé. Le genre de films qui me plaît d'emblée. Des grosses stars, un soin technique, une bonne histoire. Pas aussi flamboyant que je l'attendais (De Palma, mince !), mais tout de même bien foutu. Une œuvre sur l'Amérique en tant que melting-pot foireux, bardé qui plus est de journaleux à sensations et de politiques grossiers. Il ne faut pas sortir d'Oxford pour découvrir que ca sent la satire à plein nez. C'est un film d'un grotesque ahurissant, une grosse comédie sociale en fait, du ridicule des persos au ridicule de certains plans (à la Jean-Marie Poiré, en contre-plongée, etc). De Palma use sa technique (en soit, c'est un peu un best-of) au service d'une sorte de farce satirique qui se suit vraiment sans déplaisir, au final réjouissant...avec son lot de références dramaturgiques et de musique classique. J'ai bien aimé...

J'espère que le nom de Poiré ne te fait pas crier brusquement, je précise qu'aucun De Palma ne vaudra Ma femme s'appelle Maurice... Trop fort

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Lee Harvey Oswald le Mar 30 Aoû - 2:02

milbart a écrit:
J'espère que le nom de Poiré ne te fait pas crier brusquement

T'inquiète, ça fait longtemps que j'ai arrêté de débloquer à la lecture des pigistes du défunt Brazil...Après avoir lu que De Caunes était un meilleur cinéaste que Gus Van Sant ou que "Brazil" et ses séquences GI Joe était le meilleur film de ce côté ci de la Galaxie affraid je peux tout entendre maintenant. tongue

Sinon pas mal ton catalogue d'impressions sur les films de De Palma. thumleft

Lee Harvey Oswald
Langue pendue

Nombre de messages : 1941
Localisation : Dallas
Date d'inscription : 23/04/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Mar 30 Aoû - 12:54

Au fait, te souviens-tu que...

Pulsions (pardon, Dressed to kill tongue ) commence sur une scène de douche (là, rien de surprenant, n'est-ce pas, même si c'est moins outrancièrement parodique que la même séquence dans Phantom of The Paradise), avec une femme qui succombe aux charmes des "caresses de mamelons"...une doublure est indispensable, dans ce cas...(la magie du cinéma)...cette doublure, on la trouve en plein tournage à la fin de Body Double !

L'horreur de Carrie (et de Furie tant qu'on y est) est pastichée dans la séquence d'ouverture très carpenterienne de Blow Out...(De Palma connut le succès avec Carrie, quant à Carpenter, il le connut avec Halloween...deux marginaux, deux mecs un peu à part, qui auraient pu continuer dans le commercial horrifique... même si De Palma est explicitement plus auteuriste...)

Et si je voulais faire mon fanboy outrancier, je dirais que le plan du "plafond en verre" parcouru par la pluie de Phantom... réapparaît, cette fois-ci de manière com-plé-te-ment inutile (si ce n'est pour faire comprendre au public...qu'il pleut...) dans Le Bûcher des Vanités...(alors qu'une scène, celle où Tom Hanks, en bon golden boy, marche fièrement dans les locaux de Wall Street, renvoie ironiquement à la grandeur des incorruputibles...

drunken I don't want that

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  milbart le Mar 30 Aoû - 15:45

Oui, j'étais pas fan de l'aspect bourrin et réducteur de Brazilllll ! Mais bon, c'est facile de dire ca, maintenant que j'écris plus dedans... king

Sinon, je continue, hop hop hop...Snake Eyes, donc. Le genre de films multi-diffusés, dispo dans tous les discounts, mais que je loupe tout le temps...

J'ai l'impression que la sortie du film correspond au moment où De Palma commença à être reconsidéré par les canards 'prestigieux" tel que Les Cahiers, Télérama et compagnie. Paradoxalement, c'est par des sortes de récréations auteuristes que certains auteurs, à la même période, tel Cronenberg ou Ferrara, malgré le lot de claques filmiques du passé, deviennent de véritables génies aux yeux de cette élite critique. elephant

Car si Snake Eyes n'est franchement pas inintéressant, ce n'est pas le De Palma définitif, du tout. Mais c'est de la bonne ouvrage...

Sur le papier, c'est un thriller typique à twists, comme il commence à en pleuvoir durant les années 90. (merci, monsieur Singer)

Mais à l'image, c'est un défilé de prouesses visuelles, du pur De Palma, qui reproduit ici toutes les techniques adoptées depuis Phantom of The Paradise. Dans un film où le sous-texte scénaristique est l'omniprésence des écrans et la multiplicité des points de vue, ça y va, et même les flash-backs deviennent des sortes de caméras de surveillance aisément manipulables, pause incluse dans la narration (une façon pour De Palma de jouer avec son medium, si tu vois ce que je veux dire).

Split-screens, plans séquences, plans aériens, plans subjectifs géniaux...une réussite technique pour un film divertissant. Malgré tout ça, j'ai l'impression que De Palma a du mal à finir son film...malgré vingt premières minutes délirantes où Cage cabotine comme un Joe Pesci en pleine forme, réjouissant !

Voilà...faudrait que je m'achète le bouquin sur De Palma "Les mille yeux de De Palma"...car là, mon enthousiasme fait peur... study

milbart
Langue pendue

Nombre de messages : 331
Age : 24
Localisation : Nantes, mais qui ca interesses??????
Date d'inscription : 28/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://milbart44.unblog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: I comme Icare- Henri Verneuil- 1979

Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 19:34


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum