Top 100

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Re: Top 100

Message  johnny99 le Mar 8 Jan - 23:59

"vrai dire, je me demande pourquoi j'essaie d'expliquer pourquoi j'aime ce disque, tant sa beauté me semble évidente. Mais j'ai cru comprendre que d'autres gens (j'en connais pas mal) n'adoraient pas ce disque. En général dans ces cas-là, on ne sait pas trop quoi répondre! Bon, ben c'est bien simple: quand on découvre Forever Changes avec la crainte que ce soit peut-être un peu vieillot, on est très vite rassuré. L'originalité, la beauté des mélodies saute aux oreilles, sans parler des arrangements, et du chant d'Arthur Lee comme de celui de Bryan Maclean. Je n'avais, de ma vie, jamais entendu de mélodies aussi originales jusque-là, et l'album s'est très vite fait une place de choix au rang de mes préférences. "


Je te suis là dessus, si l'on n'est pas de la génération qui a vécu les sixties, il peut y avoir quelques risques à découvrir ces oeuvres que d'autres avant nous ont décidé qu'elles étaient des chef d'oeuvre.

J'ai moi aussi découvert Forever changes avec cette crainte d'odeur de chanvre et patchoulis made in San francisco circa summer of love, et j'ai été surpris par la beauté et l'intemporalité de la chose, qui ne me semble pas plus psychédélique que ça.

Les mélodies sont imparables, les sonorités hispanisantes délicieuses, les rythmes entrainants, bref, cet album est aussi inattendu qu'indispensable, et ce, même 40 ans plus tard.

johnny99
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Re: Top 100

Message  Hugues le Ven 11 Jan - 20:18

Folk-rock


30. Bob Dylan – Highway 61 Revisited
41. Fairport Convention - Unhalfbricking

Curieux, non, de ne pas caser Dylan dans les singer-songwriters? Il faut croire que singer-songwriter est un moyen que j'ai trouvé par défaut pour caser d'autres artistes qu'il est difficile de caser dans un genre musical. Townes Van Zandt, par exemple, le singer songwriter par excellence, on pouvait le caser dans le folk, donc je l'y ai mis. Dylan, ça fait lurette qu'il ne fait plus de folk, mais il ne fait pas du rock pur non plus. En fait il fait de l'americana, ou du roots rock. Néanmoins, vu le choix d'album, j'ai trouvé que folk-rock lui convenait (même si c'est aussi du blues et du boogie). L'image qu'on a de lui aussi, j'allais dire l'image d'Epinal, liée à la légende des sixties, c'est le mec avec son harmonica et sa guitare. Difficile de se débarrasser d'une telle image folk. Et il est passé du folk au rock (sa passion de base - car ce que j'ignorais, c'est que Dylan voulait faire du rock dès 1961, mais que sa maison de disque n'était pas intéressée - je ne sais plus d'où je tiens ça, d'ailleurs).

Donc, vu les circonstances, Dylan se met au folk, se fait un nom, et lorsqu'il se met au rock en 65, sa maison de disque ne moufte plus.

Highway 61? Ben, "Like a Rolling Stone", c'est une des chansons les plus extraordinaires que la Terre ait portées. Et je n'ai jamais su de quoi ça parlait exactement. Il paraît que Dylan s'en prend aux apôtres de la contestation, aux puristes du folk qui lui font la morale, à ceux qui se donnent bonne conscience. Il s'émancipe d'un carcan dans lequel on veut l'enfermer. Il mord sa liberté à pleines dents, il trahit tous les suiveurs, apostrophe tous les moutons. Il s'émancipe tout court, il se libère en tant qu'individu, et chez lui cela se fait aussi par le langage, car son verbe est exceptionnel. Les ressorts de la chanson, il connaît, et lui qu'on accuse d'être habile, malin, rusé, sournois, détestable, montre en fait une honnêteté supérieure, qui consiste à ne pas tourner en rond, à déborder du cadre, à toujours aller plus loin. La révolution Dylanienne fut clairement formelle, et non idéologique. Comme Brassens, Dylan n'a jamais appelé à la révolution, ni à "mourir pour des idées". "Masters of War", c'est son "Déserteur" ou ses "Deux Oncles" à lui. Sauf que Dylan va plus loin, puisqu'il va piétiner les tombes des apôtres de guerre.
A part ça, Dylan est quelqu'un que je n'ai jamais vraiment compris, même si je me retrouve dans certains de ses propos, dans certaines de ses attitudes. Toujours est-il que cette sorte d'arrogance qui le caractérise, comme son goût pour l'imprévu, le contre-pied, la contradiction, c'est quelque chose qui me plaît chez lui. Quelque chose qu'on retrouvera aussi chez John Lydon - même si ce dernier a viré vers le clownesque.

Fairport Convention - finalement, je crois que j'aurais dû choisir un Sandy Denny solo plutôt qu'un Fairport Convention, car c'est quand Sandy Denny chante que le groupe atteint une autre dimension. Mais bon. Le groupe joue évidemment très bien, et l'album Unhalfbricking contient au moins deux perles, "Autopsy" et le classique "Who Knows Where the Time Goes?".

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Re: Top 100

Message  Hugues le Ven 11 Jan - 21:14

singer songwriters folk/pop/rock:


45. John Lennon – Plastic Ono Band
75. Amy Rigby – Diary of a Mod Housewife
93. Julie Doiron – Goodnight Nobody

Plastic Ono Band - par sa pochette, le fait que ce soit le (véritable) premier effort solo de l'ex-Beatle, mais aussi et surtout l'éclatante et glaçante nudité de son contenu, ce disque est d'une originalité, d'une force et d'un caractère absolument fascinants, qui confirment ce que nous savions alors déjà: John Lennon fut un génie. La réécoute de cet album qui n'a aucun point faible, dont rien n'est à jeter, nous révèle que tout Lennon y est, et qu'on n'a même pas forcément besoin d'écouter le reste, avec ou sans Beatles. Bien sûr, ceux qui en sont restés aux chansons gentiment accrocheuses, ne comprendront peut-être pas mon point de vue. C'est que le secret de Lennon, c'était précisément son ego, et rien d'autre. Sans cet ego, il n'y aurait rien eu. Ce noyau de chaleur au coeur de toutes les chansons, cette inspiration bizarre, impulsive, aux quatre coins du sentiment humain, ses travers et ses fissures, ses appels de détresse et son inquiète causticité, ses onomatopées, sa fierté, son besoin de rassembler, de comprendre le monde en trois minutes, tout comme Dylan, mais avec la musique en guise de verbe, la pop comme étendard, tout ça a fait le destin de John Lennon. Lequel s'est affadi petit à petit, à mon goût, après 71. Mais en 70, Lennon dépasse et enterre la carrière des Beatles. Il s'est trouvé, seul au monde, avec sa compagne - et la beauté de sa musique, qu'on ne retrouvera guère que chez David Bowie.

Diary of a Mod Housewife est le premier album solo d'Amy Rigby (elle fit partie auparavant de deux groupes, country et pop), McMahon de son nom de jeune fille (elle fut mariée à Will Rigby, le batteur des dB's). C'est aussi l'album par lequel j'ai découvert cette chanteuse méconnue. A ce propos je tiens à remercier Hervé en passant, pour l'avoir fait venir à la Pomme d'Eve, ce qui m'a permis de la rencontrer. Elle est encore plus jolie en vrai - sachez-le. Diary... m'a épaté dès la première écoute, d'autant que le meilleur se trouve sur la seconde moitié du disque, mais là je parle de la musique (il semble que les chansons de la première moitié soient davantage appréciées par la plupart des fans et leur auteur-même - on les retrouve d'ailleurs sur la compile 18 Again). Ce qui frappe et séduit sur cet album (qui fut réédité l'an passé), c'est la personnalité d'Amy, son goût musical, sa voix, et puis la qualité des chansons - l'une d'elles, "Don't Break the Heart", ayant d'ailleurs été reprise par Laura Cantrell (sur son album When the Roses Bloom Again). Elle y maîtrise des styles variés, psyché à la Byrds ("Sad Tale"), boogie rock à la Dylan ("20 Questions"), ballade country ("Just Someone I Had in Mind") et rock Stonien décapant ("Didn't I") ou juteux à la Elastica ("That Tone of Voice"). Vous pouvez d'ailleurs goûter cette dernière sur son myspace.
Cela ne serait peut-être rien si Amy n'avait réitéré de comparables qualités sur quatre autres albums studio: Middlescence (1998), The Sugar Tree (2000), Til the Wheels Fall Off (2003) et Little Fugitive (2005), confirmant ainsi sa place unique de singer songwriter féminin et urbain, à la fois tendre, drôle, réaliste, fin, brave et vulnérable.

Julie Doiron Goodnight Nobody

J'ai découvert Julie Doiron avec cet album, et fut profondément charmé par la chanson qui l'ouvre, "Snow Falls in November". En voici la vidéo:



Il est dommage que cette vidéo ait coupé la fin, car le solo final, avec banjo en pente, est délicieux, il ne faut pas en perdre une seconde... Sur le disque, c'est une perfection jusqu'au dernier soupir. La voix bancale et intuitive de Julie est une de ses marques de fabrique. Les illustrations du livret sont superbes, et cet album est de ceux dont le contenu musical correspond à sa pochette: sobre, humide, pluvieuse. Echarpe, cheveux longs et haillons près de l'âtre. Papier peint gondolant. Fenêtre rustique, gouttière grise et bleue. Guitares électriques, mais maigrichonnes. Percussions éparses. Mais chaleur humaine sous les poutres. Haleines mauves. Le bois craque. Les enfants jouent là-haut, dans la chambre et les couloirs froids. Les douze titres de Goodnight Nobody poursuivent l'humeur morose mais affective de l'ouverture, tout en bulles d'air, de rêverie, de mélancolie, où se glissent quelques parties instrumentales à la Velvet. La voix de Julie est "impaire", au sens Verlainien. Les Herman Düne l'accompagnent sublimement sur plus de la moitié des titres (enregistrée à Paris), ils méritent d'être nommés: André Herman Düne, David Herman Düne (guitares), Néman (batterie, percus). Leur collaboration est idéale, et ensemble ils créent ce petit miracle artistique qu'est Goodnight Nobody, le genre d'album qui, lorsqu'on tombe sur lui (oui: l'oreille tombe sur lui), nous fait renifler la poésie si fort qu'on en éternue. Existe t-il des moisissures de poésie? Quand l'oeil tombe sur des tableaux d'Utrillo, on se dit que oui. Pareil lorsqu'on découvre "Hello in There" de John Prine sur le premier album solo de ce dernier.
Ecoutez Goodnight Nobody de Julie Doiron. "Last Night", "Tonight Is No Night", "Dirty Feet", "Dance All Night", "When I Awoke"... sont autant de vapeurs inspirées. Le disque s'achève sur l'instrumental "Good Night", Julie et Herman Düne aux guitares. C'est trop beau.


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Re: Top 100

Message  Quiet Man le Sam 12 Jan - 11:16

Lecture passionnante que ce top 100. J'y retrouve beaucoup de gens que j'aime, d'autres que je ne connais pas. Et puis quelqu'un qui cite John Prine (Quiet Man, pour moi, c'est lui, pas John Wayne) au détour d'une chronique de Julie Doiron ne peut pas être foncièrement mauvais.
John Lennon: pour moi aussi, Plastic Ono Band est un monument. Le moment où Lennon cesse de se prendre pour un poète surréaliste pour devenir enfin lui-même est quelque chose qu'il n'a jamais réédité ensuite.
Hugues et Johnny 99, je vais vous faire une confidence. Je suis né à la musique dans les années 60 et j'ai beaucoup écouté, essayé, j'ai quelques milliers de CD chez moi et je n'avais jamais écouté le groupe d'Arthur Lee dont j'avais pourtant un a priori favorable. Votre passion à propos de Forever Changes m'a incité à combler cette lacune. Je commence dans l'ordre. Love d'abord, puis Da Capo avant d'arriver au chef d'œuvre (satisfait ou remboursé, je suppose!).
To be continued...

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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 12 Jan - 11:56

Quiet Man a écrit:Lecture passionnante que ce top 100. J'y retrouve beaucoup de gens que j'aime, d'autres que je ne connais pas. Et puis quelqu'un qui cite John Prine (Quiet Man, pour moi, c'est lui, pas John Wayne) au détour d'une chronique de Julie Doiron ne peut pas être foncièrement mauvais.
John Lennon: pour moi aussi, Plastic Ono Band est un monument. Le moment où Lennon cesse de se prendre pour un poète surréaliste pour devenir enfin lui-même est quelque chose qu'il n'a jamais réédité ensuite.
Hugues et Johnny 99, je vais vous faire une confidence. Je suis né à la musique dans les années 60 et j'ai beaucoup écouté, essayé, j'ai quelques milliers de CD chez moi et je n'avais jamais écouté le groupe d'Arthur Lee dont j'avais pourtant un a priori favorable. Votre passion à propos de Forever Changes m'a incité à combler cette lacune. Je commence dans l'ordre. Love d'abord, puis Da Capo avant d'arriver au chef d'œuvre (satisfait ou remboursé, je suppose!).
To be continued...

Merci. Je crois que tu devrais aimer Love. Il n'y a qu'une chose que je n'aime pas dans ces trois albums, c'est "Revelation", le long morceau qui occupe la face B de Da Capo, qui ressemble à du mauvais Doors, alors que la face A est magnifique. On peut d'ailleurs écouter actuellement ce "Revelation" sur leur myspace.

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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 12 Jan - 16:56

singer songwriters classiques:


49. Randy Newman – Sail away
68. Robin Holcomb - st

Ladies and gentlemen, here's Randy Newman:



Cette chanson, avec superbe orchestre en prime, ouvre ce qui est à mon avis son meilleur album: Sail Away (1972)

oui, c'est à l'endroit

Randy s'accompagne toujours au piano, et propose de grandes ballades orchestrées, majestueuses comme l'océan ("Sail Away") ou orphelines comme la lune ("He Gives Us All His Love", "Old Man"), un machin pop comme "Memo to My Son" que n'auraient pas renié Lennon ou Harry Nilsson (ce dernier ayant d'ailleurs consacré un album entier à Newman), et des chansons de cabaret genre Kurt Weill avec "Lonely at the Top", "Political Science" et le sublimissime "God's Song" qui concluait le vinyle (qui contenait douze chansons - la rééd. CD de 2002 a quelques bonus). On y trouve aussi "You Can Leave Your Hat On" qui deviendra plus populaire par Joe Cocker (la chanson de la fameuse scène de strip tease de Neuf semaines et demi). En plus d'être un musicien de goût, Newman est aussi réputé pour ses textes, bourrés d'humour, d'ironie et de causticité, qui ont souvent créé des polémiques. Dans "Political Science", les States s'en prennent plein la gueule, et cette chanson est hélas restée d'actualité.

Robin Holcomb (1990)

Robin Holcomb est une des artistes les plus discrètes, et accessoirement énigmatiques, de l'histoire de la musique populaire et, accessoirement, classique. Accessoirement aussi, nous entendons proscrire cet adverbe qui, finalement, n'est qu'accessoire.
Elle n'est même pas dans Wikipedia, c'est vous dire. Et je parle du Wikipedia anglais, c'est vous redire. On ne trouve pas grand chose sur elle, c'est le désert, la Sibérie, à part un site internet de stricte rigueur. C'est à se demander comment j'ai pu en entendre parler, n'est-ce pas?
Ô mais je me le rappelle très exactement, c'était un lundi, il était 3h10, il faisait beau... Et je lisais la bio du groupe Hem dont je devais chroniquer Rabbit Songs pour POPnews (ce que j'ai fait d'ailleurs, tiens pour m'amuser, j'ai retrouvé la chro en ligne - bouh! que j'étais médiocre!). Le pianiste et compositeur principal de ce groupe américain, Dan Messé, parlait élogieusement d'une certaine Robin Holcomb dans une section de leur site (et accessoirement sur le papier de la bio qu'on m'avait fait parvenir) consacrée à leurs disques favoris du moment. Cela m'avait suffisamment intrigué pour que je m'aventure à acheter un disque ou deux (et quelle aventure, pour moi à l'époque d'acheter un disque! Je n'avais même pas de carte bleue, rendez-vous compte!). J'avais commencé par le second disque, en fait. Qui est bien aussi. Beaucoup plus arrangé. D'ailleurs si je n'avais choisi ce premier album éponyme (bonjour Hervé!), ç'aurait été le second (faudra un jour qu'on m'explique pourquoi on dit "segond" alors qu'on écrit "second"). Mais là j'ai choisi le premier. Bon. Voilà, ça, c'est dit.
Le premier album, après de multiples écoutes (sachez par ailleurs que Robin en a sorti cinq en tout, le troisième étant strictement instrumental, une oeuvre de composition pianistique, excusez du peu, et les deux derniers mêlant un peu le classique/moderne à la pop), se révèle le plus envoûtant. Peut-être aussi le plus accessible, car moins complexe et plus minimaliste que les autres.
L'album fut produit par Wayne Horvitz, accessoirement son mari, lequel est également compositeur (ils sont mariés, vivent à Seattle et ont deux enfants).
Jusque-là, j'ai meublé, car je trouvais le cadre trop peu cossu. C'est qu'il va falloir expliquer ce que ce disque a de spécial, maintenant. Or, pour cela, on emploie à peu près toujours les mêmes mots. Si je vous dis qu'il est attachant? Vous voilà bien avancés. Il faudrait décrire, disséquer... mais cela suffirait-il à exprimer en quoi les composants créent une sorte d'alchimie qui n'existe qu'une fois exhalée de ses composants? Vous suivez, là?
Généralement, à moins d'avoir la mémoire très fraîche, je réécoute le disque au casque pendant que j'essaie de trouver les mots, ce que je fais présentement, alors que le disque s'achève sur l'hypnotique "Deliver Me" (c'est merveilleux l'anglais: on écrit "deliver" mais en vrai on dit "dilever", je le sais, car ça fait 50 fois que Robin le répète).
Deuxième écoute, c'est parti, allons-y: Robin (si vous prononcez son prénom comme il se lit en français, vous êtes vraiment la dernière des andouilles) s'accompagne toujours au piano, et trouve des mélodies obsédantes, qu'elle fredonne d'une voix légèrement chevrotante (engageant, non?), avec des accords de piano qui se mordent la queue (alors que le piano, non). L'inspiration est froide, austère, bizarre, insolite, sorcière aux entournures. Les titres les plus envoûtants sont "The American Rhine", "Electrical Storm", "So Straight & Slow" et "Deliver Me", ce dernier notamment nous emmenant aux confins d'une ivresse grise comme la pochette.
Mais la chanson la plus exceptionnelle du disque comme de toute la carrière de singer songwriter de Robin Holcomb, c'est "Yr Mother Called Them Farmhouses", chanson médiévale s'il en est, noire à souhait. "Ode to Billie Joe" à côté, c'est "Obladi Oblada". Sans compter que sur tout l'album, elle ferait passer Laurie Anderson pour Cyndi Lauper. Excusez-moi, j'adore ce genre d'exercice. Mr. Green


Dernière édition par Hugues le Sam 29 Mai - 12:02, édité 6 fois

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Re: Top 100

Message  Hugues le Dim 13 Jan - 13:02

singer songwriters pop/folk:


77. John Cunningham – Homeless House
82. Ron Sexsmith - Whereabouts
86. Jenifer Jackson - Birds

1999

Au nombre des disques les plus précieux de ma collection, en tant qu'objet veux-je dire, Homeless House de John Cunningham doit être en haut de la pile (c'est une façon de parler, je n'empile pas mes CDs, prenez-moi pour un con!) car c'est un digipack épuisé depuis lurette, manufacturé par un label tombé aux oubliettes (Lurette et Oubliettes: même combat!), qui s'appelait les disques Mange-tout, et était basé à Gondecourt, dans le département du Nord, en France. Je l'avais commandé à l'époque via un disquaire de Dunkerque, qui se situait Place Jean Bart. Chaque fois que j'y allais et que j'y fouinais, une jeune fille arrivait derrière moi et me demandait "je peux vous aider?". Une fois, j'ai vu la fille accroupie devant un rayon, occupée à ranger des disques, alors je me suis approché d'elle et lui ai dit: "je peux vous aider?".
Ah! Mais c'est qu'on me la fait pas, à moi!
J'ai eu du mal à entrer dedans. Je parle du disque. Il m'a fallu plusieurs écoutes. Au départ, j'avais trouvé ça trop nauséeux. Que nenni! C'est aérien, brumeux, humide, gracieux, mélancolique et beau. Jamais gnan-gnan. Jamais fade.
Il y a deux liens pour se faire une idée soi-même, d'abord le site de John Cunningham (de retour, youpi): http://www.johncunningham.co.uk/, et là vous pouvez écouter les deux premiers titres de Homeless House en intégralité, en cliquant sur sa pochette. Comme dit l'américain bon enfant: "enjoy!"
On peut aussi écouter deux autres titres (super, hein?) de l'album sur son myspace, il s'agit de "Quiet & Slow Time" et de "Taming the Family".
Après ça, mine de rien, vous avez écouté la moitié de l'album, puisqu'il ne contient que huit titres.
Ai-je dit que c'était un chef d'oeuvre?
Autre chose: s'il vous prend l'envie de lui acheter un disque (on ne sait jamais, ça arrive encore, de nos jours, on n'est qu'en 2008 après tout!), vous pouvez le contacter sur son site...

Avant d'aborder le cas Ron Sexsmith, libre à vous de flâner sur son myspace pour y goûter "Summer Blowin' Town" du premier album (1995), "At Different Times" du second (1997), "Seem to Recall" du troisème (1999), "Wishing Wells" de l'album Retriever (2004) et "Snow Angel" du dernier en date (2006), en plus des vidéos dont j'avais déjà posté les liens ici



Ce disque est sorti au printemps 99. Je ne l'ai pas acheté tout de suite. Je me rappelle avoir lu la chronique dans Rock & Folk. J'étais légèrement intrigué, sans plus. D'ailleurs, le disque n'avait que 3 étoiles, bien que la critique était positive. Ce qui fait genre "mériterait d'être plus connu, mais demeure un second couteau". Déjà, c'est le genre de point de vue incohérent qui m'agace (maintenant du moins - à l'époque, j'étais pas assez lucide). D'ailleurs le Summerteeth de Wilco n'avait eu que 3 étoiles aussi. Bref, ne parlons plus de Rock & Folk, ça n'en vaut pas la peine.
C'est début 2000 que j'ai fini par me décider à acheter ce CD, en le commandant au Virgin Mégastore qui venait d'être inauguré près de chez moi (j'habitais Dunkerque à l'époque). Si ma mémoire est bonne, il m'en coûta à peu près 25 euros, pour ce que je savais n'être qu'une collection de douze chansons, y'avait intérêt à ce que ce soit bien! Je devais traverser une sorte de curiosité fiévreuse, encore sous l'enchantement de découvertes contemporaines: Homeless House de John Cunningham, Summerteeth de Wilco, et Car Wheels on a Gravel Road de Lucinda Williams. Le nouveau siècle s'annonçait bien.
Et bien, ce Whereabouts de Ron Sexsmith allait faire le carré d'as. Ces quatre disques allaient être mes quatre points cardinaux pour un moment. Mais si l'un des quatre devait rafler la mise... ce serait Ronald Eldon Sexsmith. Whereabouts était tout ce que j'aime: une collection de chansons simples, au format limpide de trois minutes, comme nostalgiques d'un Paradis perdu. Au verso de la pochette, Sexsmith a les pieds sur un lit de feuilles mortes. Des feuilles d'érable, bien entendu (il est Canadien).

And the leaves have lost hold
Of the branches as always
Which leaves us with gold
And wine coloured pathways


("Fallen", sur Blue Boy, 2001)

La production de Mitchell Froom et Tchad Blake n'a jamais été aussi opulente et colorée, sans être pour autant d'un raffinement absolu (c'est plus proche de George Martin que de Burt Bacharach). L'album est aussi bien moins mélancolique que les deux précédents. Derrière le vernis classiciste, ces chansons se révèlent d'une saveur inépuisable, comme des eaux miroitant des souvenirs, des reflets de regrets. L'univers de ces chansons se situe entre celui de Randy Newman et celui de Ray Davies. Mais Sexsmith n'a pas l'esprit de ces derniers: il est plus inoffensif, placide et rêveur. Ce qui ne l'empêche pas d'être suprême. La grâce de sa musique se suffit à elle-même, en quelque sorte, et plus qu'aucune autre chanson, "Still Time", qui ouvre le disque, vient souligner cette observation. Toute cette musique, ces compositions parfaites (Sexsmith est un maître du "pont" - comme McCartney), cette voix (qui n'a jamais été meilleure, avec un timbre marbré) et la production diaprée, même les quelques imperfections d'enregistrement ou d'écriture (celle de Sexsmith étant souvent très elliptique), tout cela contribue à faire de Whereabouts un disque pop-folk d'une poésie intemporelle, dans lequel on se noie.
Ma chanson préférée du disque: "Doomed" - de la magie à fleur de souffle, une mélodie au cours incertain, qui s'esquive, tremble, soupire. Ron à son meilleur, entre Orbison et Lennon. Mais c'est peu dire que l'album ne manque pas de moments de grâce: "Right About Now", "Riverbed", "In A Flash", "Seem to Recall"... et ces rayons de bonheur que sont "Feel For You", "Must Have Heard it Wrong", "Every Passing Day"... Rien à jeter!
Ai-je dit que Sexsmith était mon singer songwriter favori de tous les temps? Du moins parmi les mâles.



Si je me dois d'être lucide: c'est mon inextinguible passion pour la musique qui m'a fait découvrir tout ce que je vous commente dans ce Top 100. C'est cette soif musicale qui m'a fait lire régulièrement le site Puremusic, par exemple, tenu par un musicien nommé Frank Goodman, lui-même passionné par les nouveaux talents, souvent de Nashville, puisque c'est là qu'il est basé, et qu'il aime aller les voir sur scène. Lui aussi parle régulièrement de Jill Sobule, Amy Rigby, Jenifer Jackson... Il a su me donner envie d'écouter les artistes inconnus dont il parlait. Il a su me donner le goût d'une sorte de fraîcheur sonore, contemporaine, d'artistes actuels. Non pas révolutionnaires ni novateurs, mais indépendants, organiques, imaginatifs, sensibles, intelligents, sensuels (il partage avec moi une prédilection pour les voix féminines). Il est peut-être celui dont je me suis trouvé le plus proche en termes de sensibilité, puisque j'ai souvent profondément aimé ce qu'il m'incitait à acheter.
C'est sur son site, donc, que j'entendis pour la première fois parler de Jenifer Jackson. Birds est le premier album que j'ai acheté, via CD Baby, où l'on peut d'ailleurs toujours pré-écouter et acheter la plupart des albums de la dame. Ce site permet aux artistes indépendants de contacter les acheteurs, et Jenifer me remercia de cet achat. Je lui répondis pour lui dire combien j'aimais son disque, et depuis on a toujours gardé le contact. J'avais proposé à GOOF de la faire venir à la CROSSroadS Night, il accepta, elle fut ravie, et moi de-même! J'ai rencontré à Paris une personne insouciante, gaie, lumineuse, aimant la vie. Je suis totalement tombé sous le charme. Tant et si bien que le soir du show, où elle ne chanta que trois chansons (comme pour la plupart des artistes jouant ce soir-là), je n'avais plus devant moi la chanteuse que j'avais découverte sur disque, mais la personne que j'avais fréquentée pendant les deux jours précédents. Et je fus extrêmement impressionné par son calme, son self-control, sur scène.
Jenifer Jackson est du New Jersey. Elle vit aujourd'hui à Austin. Son tout premier album s'appelait Welcome to My Solar System mais n'est jamais sorti. Il fut enregistré en France, produit par Wreckless Eric (qui enregistre en ce moment un album en duo avec Amy Rigby), mais pour des raisons que je n'ai pas bien comprises, les bandes furent perdues. Jenifer Jackson lui en voulut (et lui en veut encore, je crois). Par la suite, elle enregistra Love Lane, un EP particulièrement énergique qui contient quelques premières versions de chansons qui paraîtront sur Slowly Bright et Birds. Impossible de mettre la main dessus, mais on peut écouter quelques extraits sur CD Baby.
Puis les albums s'ensuivirent: les deux sus-mentionnés, en 1999 et 2000, puis So High en 2003 (une de mes premières chroniques pour Crossroads), qui paraîtra aussi en France, sur Bad Reputation, un an plus tard. Pas mal de recueils de démos suivirent (parmi lesquels Girasole, une vraie merveille) dont aucun label ne voulut. Elle finit par financer elle-même la production de The Outskirts of a Giant Town, paru l'année dernière. Dans les news: on peut écouter une nouvelle chanson d'elle sur son myspace, "Whispering Words".
En ce qui concerne Birds: il reste mon préféré parmi les albums "officiels" (sinon je lui préfère peut-être encore Girasole, Jenifer seule avec sa guitare, souvent meilleure dans ses premiers jets, à mon humble avis, même si Brad Jones, son producteur habituel, fait aussi du bon boulot pour les versions définitives). C'est l'album le plus paisible, le plus bucolique, le plus homogène, celui qui contient les mélodies les plus subtiles et diffuses, avec "Mercury, the Sun & Moon", "Trouble Fire" et "My Impossible Love" comme moments forts, ces deux derniers gonflés d'émotion. Sinon Jenifer est ma chanteuse préférée: sa voix est un cosmique alliage d'émotion et de pureté, qui me rend tout chose en quelques secondes. Je souhaite à quiconque d'éprouver la même chose avec n'importe quel chanteur, puisqu'il s'agit de véritable enchantement. Je me souhaite, quant à moi, de savoir un jour en décrire les charmes. J'ai déjà essayé maintes fois. J'ai pas dit mon dernier mot. T'ar ta gueule à la récré.

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Re: Top 100

Message  Hugues le Lun 14 Jan - 16:09


48. The Flamin’ Groovies – Teenage Head
50. Iggy & the Stooges – Raw Power
52. The Modern Lovers - st
56. Television – Marquee Moon
59. The Cramps – Psychedelic Jungle
60. The Gun Club – Fire of Love

Les commentaires de mon Top 100 se terminent avec mes six choix classés rock. Personne ici ne s'en plaindra je suppose.



Je vais commencer par dire un truc absurde et amusant: j'ai toujours mieux "senti" le feeling des Stones à travers les Groovies qu'à travers les Stones eux-mêmes. A moins que ce feeling soit tout simplement celui du "rock'n'roll", et qu'il appartienne davantage aux Groovies qu'aux Stones. Pourtant, l'influence des Stones sur les Groovies est très nette, notamment sur Teenage Head, qui est indiscutablement leur meilleur album (non, c'est pas la peine de citer Shake Some Action, y'a pas photo, désolé!).

On fait pas plus rock'n'roll, plus excitant, plus classe que "Evil Hearted Ada", "Teenage Head", "Yesterday's Numbers", "Doctor Boogie"... c'est du feeling à l'état pur. Il n'y a que le bluesy Let it Bleed des Stones qui approche Teenage Head en termes de *feeling sonore*. On a l'impression que le son postillonne, crépite, gicle, étincelle des instruments. C'est que les Groovies sont plus rock'n'roll que blues, en fait: quand les Stones retrouvent l'esprit de Muddy Waters, les Groovies retrouvent celui d'Eddie Cochran. Réécoutez "Summertime Blues": le feeling des Groovies vient de là, de ces riffs de guitare secs et vifs comme des gifles.
Il est vrai que les Groovies, en fans de rock'n'roll, et déjà de la génération post-Beatles, assument un plus grand panel d'influences, et créent une synthèse idéale pour tous les auditeurs des années 70. Sous l'ère Loney/Jordan (68-71), l'influence des Fab Four est surtout celle du Lennon rock'n'roll, comme avec le dernier morceau de l'album original, "Whiskey Woman". Un lustre plus tard, l'ère Jordan/Wilson les verra reprendre "Please Please Me" ou "Misery". Une moitié de l'âme des Groovies disparut avec Roy Loney, parti former les Phantom Movers (quelqu'un les a écoutés? ça m'intéresse).



Première chose à dire, même si n'a pas grande importance: j'ai la réédition de 97, remixée par Iggy. Elle est beaucoup plus impressionnante, rentre-dedans. Mais pas forcément plus excitante. J'avais aussi acheté l'édition CD précédente, et au bout du compte elle me faisait le même effet (à savoir: un état d'excitation totale - si vous manquez de vocabulaire: 36 15 Acho). Je n'ai jamais écouté le pressage vinyle original.
Avec Raw Power, James Osterberg dit Iggy Stooge puis Iggy Pop, s'affirme définitivement comme le champion du jusqu'au-boutisme. Car je ne peux pas dire qu'au premier abord, le son de ce disque me conquiert à 100%. Mais au fil de l'écoute, une sorte de rage incroyable prend naissance, exactement comme prendre une gorgée d'adrénaline. Cette rage prend forme aux environs du milieu de "Your Pretty Face Is Going to Hell", et dès le morceau suivant, "Penetration", vous planez déjà au Royaume du Rock. L'album de rock et de rage ultime, voilà ce qu'est Raw Power, comme ce qu'étaient déjà les deux albums précédents des Stooges. Alors bien sûr, dans le genre extrême, beaucoup d'autres choses ont été faites, depuis. Mais Iggy reste l'Animal emblématique.
A noter une chose que tout le monde n'a peut-être pas remarquée: les Stones annonçaient déjà, profondément, les Stooges. Lorsque Jagger partait dans l'extrême à la fin de "Satisfaction", lorsqu'une sorte de violence, de malaise commençait à prendre forme, il faisait du Stooges avant la lettre. C'est cette extrémité-là qu'Iggy a exploitée.



Plus cool tu meurs.



Il fut un temps où je préférais les Modern Lovers à Television. Aujourd'hui je préfère nettement Television aux Modern Lovers. Je crois que j'évolue. Par exemple, "Venus" est d'une beauté fulgurante. Mais il faut écouter beaucoup de musique avant de s'en rendre compte.

"Prove It": le solo vers la 3ème minute est immortel. Le neuneu moyen aurait dit "mortel". Moi non. Je suis un neuneu d'élite.



Bon, faut être d'humeur. Là pour ce soir, je vais me contenter de la pochette.
En fait, le truc, c'est qu'il faut pas l'écouter trop fort.
La légende qui veut qu'on doive écouter le rock fort est une faribole - que dis-je? Une billevesée!
Balivernes! Fadaises! Sornettes! Calembredaines!

The Gun Club: Fire of Love (1981)

Il y a un moment que cette question me turlupine: quelle est la pochette originale?



Perso je préfère la rose. Le premier CD que j'avais acheté (peu après la mort de Jeff Pierce) avait cette pochette rose. Celui que j'ai racheté depuis a l'autre pochette. Je n'ai su trouver réponse à ma question en cherchant sur le net.

Toujours est-il que ce qui est dedans est la même chose, et que c'est exceptionnel. Le Gun Club en live était souvent à chier, si j'en juge par les vidéos vues sur YouTube. Mais sur disque c'est autre chose: le son est impeccable, tranchant à souhait, Jeffrey Lee Pierce n'a qu'à poser sa voix sans en faire trop pour être transcendant. Son problème, c'est qu'il avait l'Enfer en lui, et ne pouvait s'empêcher d'en faire trop. C'était un paumé. Un Morrison punk, sans l'attirail poético-drugmuche.
Le miracle d'un tel disque, c'est qu'il va directement au coeur de la pulsion rock'n'roll, plus vite que le son et la lumière, sans se poser de question. S'il s'agissait là d'esprit punk, alors le Gun Club fut le plus parfait des groupes punk. Rien n'égale les cris de Pierce sur "For the Love of Ivy". Absolument rien, je vous le dis.

En réécoutant ces six disques de rock, je me suis aperçu que je préférais nettement le Gun Club, Television et les Groovies aux trois autres.

Ayé! Fini!


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Hugues
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Re: Top 100

Message  Quiet Man le Lun 14 Jan - 19:29

Hugues a écrit:singer songwriters pop/folk:


82. Ron Sexsmith - Whereabouts
86. Jenifer Jackson - Birds

[Ce disque est sorti au printemps 99. Je ne l'ai pas acheté tout de suite. Je me rappelle avoir lu la chronique dans Rock & Folk. J'étais légèrement intrigué, sans plus. D'ailleurs, le disque n'avait que 3 étoiles, bien que la critique était positive. Ce qui fait genre "mériterait d'être plus connu, mais demeure un second couteau". Déjà, c'est le genre de point de vue incohérent qui m'agace (maintenant du moins - à l'époque, j'étais pas assez lucide). D'ailleurs le Summerteeth de Wilco n'avait eu que 3 étoiles aussi. Bref, ne parlons plus de Rock & Folk, ça n'en vaut pas la peine.
C'est début 2000 que j'ai fini par me décider à acheter ce CD, en le commandant au Virgin Mégastore qui venait d'être inauguré près de chez moi (j'habitais Dunkerque à l'époque). Si ma mémoire est bonne, il m'en coûta à peu près 25 euros, pour ce que je savais n'être qu'une collection de douze chansons, y'avait intérêt à ce que ce soit bien! Je devais traverser une sorte de curiosité fiévreuse, encore sous l'enchantement de découvertes contemporaines: Homeless House de John Cunningham, Summerteeth de Wilco, et Car Wheels on a Gravel Road de Lucinda Williams. Le nouveau siècle s'annonçait bien.
Et bien, ce Whereabouts de Ron Sexsmith allait faire le carré d'as. Ces quatre disques allaient être mes quatre points cardinaux pour un moment. Mais si l'un des quatre devait rafler la mise... ce serait Ronald Eldon Sexsmith. Whereabouts était tout ce que j'aime: une collection de chansons simples, au format limpide de trois minutes, comme nostalgiques d'un Paradis perdu. Au verso de la pochette, Sexsmith a les pieds sur un lit de feuilles mortes. Des feuilles d'érable, bien entendu (il est Canadien).

And the leaves have lost hold
Of the branches as always
Which leaves us with gold
And wine coloured pathways


("Fallen", sur Blue Boy, 2001)

La production de Mitchell Froom et Tchad Blake n'a jamais été aussi opulente et colorée, sans être pour autant d'un raffinement absolu (c'est plus proche de George Martin que de Burt Bacharach). L'album est aussi bien moins mélancolique que les deux précédents. Derrière le vernis classiciste, ces chansons se révèlent d'une saveur inépuisable, comme des eaux miroitant des souvenirs, des reflets de regrets. L'univers de ces chansons se situe entre celui de Randy Newman et celui de Ray Davies. Mais Sexsmith n'a pas l'esprit de ces derniers: il est plus inoffensif, placide et rêveur. Ce qui ne l'empêche pas d'être suprême. La grâce de sa musique se suffit à elle-même, en quelque sorte, et plus qu'aucune autre chanson, "Still Time", qui ouvre le disque, vient souligner cette observation. Toute cette musique, ces compositions parfaites (Sexsmith est un maître du "pont" - comme McCartney), cette voix (qui n'a jamais été meilleure, avec un timbre marbré) et la production diaprée, même les quelques imperfections d'enregistrement ou d'écriture (celle de Sexsmith étant souvent très elliptique), tout cela contribue à faire de Whereabouts un disque pop-folk d'une poésie intemporelle, dans lequel on se noie.
Ma chanson préférée du disque: "Doomed" - de la magie à fleur de souffle, une mélodie au cours incertain, qui s'esquive, tremble, soupire. Ron à son meilleur, entre Orbison et Lennon. Mais c'est peu dire que l'album ne manque pas de moments de grâce: "Right About Now", "Riverbed", "In A Flash", "Seem to Recall"... et ces rayons de bonheur que sont "Feel For You", "Must Have Heard it Wrong", "Every Passing Day"... Rien à jeter!
Ai-je dit que Sexsmith était mon singer songwriter favori de tous les temps? Du moins parmi les mâles.

Jenifer Jackson est du New Jersey. Elle vit aujourd'hui à Austin. Son tout premier album s'appelait Welcome to My Solar System mais n'est jamais sorti. Il fut enregistré en France, produit par Wreckless Eric (qui enregistre en ce moment un album en duo avec Amy Rigby), mais pour des raisons que je n'ai pas bien comprises, les bandes furent perdues. Jenifer Jackson lui en voulut (et lui en veut encore, je crois). Par la suite, elle enregistra Love Lane, un EP particulièrement énergique qui contient quelques premières versions de chansons qui paraîtront sur Slowly Bright et Birds. Impossible de mettre la main dessus, mais on peut écouter quelques extraits sur CD Baby.
Puis les albums s'ensuivirent: les deux sus-mentionnés, en 1999 et 2000, puis So High en 2003 (une de mes premières chroniques pour Crossroads), qui paraîtra aussi en France, sur Bad Reputation, un an plus tard. Pas mal de recueils de démos suivirent (parmi lesquels Girasole, une vraie merveille) dont aucun label ne voulut. Elle finit par financer elle-même la production de The Outskirts of a Giant Town, paru l'année dernière. Dans les news: on peut écouter une nouvelle chanson d'elle sur son myspace, "Whispering Words".
En ce qui concerne Birds: il reste mon préféré parmi les albums "officiels" (sinon je lui préfère peut-être encore Girasole, Jenifer seule avec sa guitare, souvent meilleure dans ses premiers jets, à mon humble avis, même si Brad Jones, son producteur habituel, fait aussi du bon boulot pour les versions définitives). C'est l'album le plus paisible, le plus bucolique, le plus homogène, celui qui contient les mélodies les plus subtiles et diffuses, avec "Mercury, the Sun & Moon", "Trouble Fire" et "My Impossible Love" comme moments forts, ces deux derniers gonflés d'émotion. Sinon Jenifer est ma chanteuse préférée: sa voix est un cosmique alliage d'émotion et de pureté, qui me rend tout chose en quelques secondes. Je souhaite à quiconque d'éprouver la même chose avec n'importe quel chanteur, puisqu'il s'agit de véritable enchantement. Je me souhaite, quant à moi, de savoir un jour en décrire les charmes. J'ai déjà essayé maintes fois. J'ai pas dit mon dernier mot. T'ar ta gueule à la récré.
Je suis aussi fan de Sexsmith que je n'ai réellement découvert qu'avec Blue Boy (la faute à Steve Earle!). Rien à jeter chez lui depuis son Grand Opera Lane jusqu'à aujourd'hui.
En revanche, je ne connais Jenifer Jackson que de nom mais je sais qu'on peut trouver son Love Lane en téléchargement sur eMusic ou PayPlay... Je sais que tu n'aimes pas le MP3 mais c'est mieux que rien...

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Message  Yann G. le Sam 26 Jan - 3:45

Hugues a écrit:
Rhaaaaaaaaaa! Sachez-le, bande de mécréants, ce disque est un des plus beaux de tous les temps. Je le confirme alors que je l'ai de nouveau sous les oreilles, conquis du premier au dernier morceau. C'est un chef d'oeuvre absolu de musicalité, d'harmonie glorieuse. Jamais musique n'aura fait autant de bien, comme un breuvage de bien-être illuminant le coeur. Une sorte de bain harmonique bleu abreuvant toutes vos artères, tous les sillons de votre corps. J'ignore combien de fois il faudra le répéter, mais personne ne devrait passer à côté de ce monument. Tout y est. Toute l'histoire de la pop et du rock y est. C'est un condensé. J'y entends les Byrds, les Beatles, le Velvet Underground, les Everly Brothers, Bob Dylan...
Hélas, sur les albums suivants, on commencera aussi à y entendre du Pink Floyd, du prog 70s, du noise, du Supertramp, argh.

Yo. Je viens de relire ce passage mais non, non, non, non, non, et encore 995 fois non ! Il n'y a pas la moindre trace de Pink Floyd ou de Supertramp dans la musique que Wilco fait depuis Yankee Hotel Foxtrot. Lire des âneries pareilles me fait craindre le pire quant à ta santé mentale, et lorsque l'on sait le respect que je porte à tes goûts et à ta culture musicale, ce n'est pas rien de l'écrire ! Il y a du Television, du Gastr Del Sol, du Can, du Neil Young, du Mott The Hoople, du T-Rex, du Paul Williams, du Jackson Browne, du John Coltrane, du Albert Ayler dans les derniers albums de Wilco ... il y a même du Kiss - let's not get carried away - mais en aucun cas du Supertramp ... ou du Pink Floyd (au sens où j'imagine que tu l'entends, c'est à dire le Pink Floyd de Wish You Were Here). Cela voudrait dire que le groupe est devenu mielleux ou sucré, où je ne sais quoi ... J'ai peur qu'en fait tu ne sois pas tant fan de Jeff Tweedy que de Jay Bennett qui est le véritable auteur de Summerteeth. La vérité, c'est que l'album que Warner a commercialisé sous le nom de Summerteeth n'est pas celui voulu par Tweedy et le reste du groupe qui enregistra en réalité une série de chansons très sombres et dépouillées dans lesquelles Tweedy évoquait essentiellement le délitement de son couple. Des phrases telles que "She beg me not to hit here" (She's a Jar) ou "I dreamt about killing you again last night" (Via Chicago) étaient trop dures pour Tweedy qui préféra passer la main à Bennett lui donnant carte blanche pour rhabiller le disque de couleurs plus pop, au grand regret du reste du groupe. Stiratt notamment regretta cette orientation. Toutefois, cela restait encore trop invendable pour la maison de disque qui considéra que l'album ne contenait aucun single. On convoqua alors un directeur artistique, responsable de quelques succès commerciaux dans le domaine de l'adult pop qui travailla en duo avec Tweedy, produisant le morceau "I Can't Stand It". Le single, que Tweedy semble réellement détester, fit un flop dans les charts. Tweedy décida que ce serait la dernière concession qu'il ferait jamais à sa maison de disque, et c'est ainsi que commencèrent les déboires du groupe avec Reprise/Warner. Stiratt et les autres membres de Wilco, qui durent supporter la main-mise de Bennett sur Summerteeth. Ce dernier le paiera donc lorsque Tweedy découvrira un meilleur véhicule pour ses idées en la personne de Glenn Kotche, qui ets réellement celui qui a impulsé le son actuel de Wilco.
Je ne cherche pas à dire que Summerteeth est un mauvais album. Il contient des perles telles que "She's a Jar", "How to Find Loneliness", "Via Chicago" et "I'm Always in Love". C'est juste que ce n'est qu'une des multiples facettes de ce que le groupe peut produire, en réalité, c'est même uen sorte d'heureux accident et un disque relativement boudé par le groupe, qui finalement ne le joue presque jamais en live. Pour moi, et malgré les qualités indéniables du disque, Summerteeth arrive en avant-dernier, devant A.M., que je n'écoute pour ainsi dire jamais. Dans mon esprit, c'est Yankee Hotel Foxtrot qui représente le summum de ce que le groupe est capable de produire en termes d'arrangement et de cohérence globale. En ce qui concerne le songwriting de Tweedy, c'est pour moi Sky Blue Sky qui détient la palme. Quant à A Ghost is Born, c'est l'un des plus grands hommages à Television qu'on ait jamais pu produire, et toi qui aime tellement Marquee Moon, je vois mal comment du peux bouder un morceau comme Spiders.
Allez ... de ce pas, je retourne écouter les Sadies à ta santé !

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Re: Top 100

Message  Yann G. le Sam 26 Jan - 4:04

Hugues a écrit:




Il fut un temps où je préférais les Modern Lovers à Television. Aujourd'hui je préfère nettement Television aux Modern Lovers. Je crois que j'évolue. Par exemple, "Venus" est d'une beauté fulgurante. Mais il faut écouter beaucoup de musique avant de s'en rendre compte.

"Prove It": le solo vers la 3ème minute est immortel. Le neuneu moyen aurait dit "mortel". Moi non. Je suis un neuneu d'élite.

Certainement l'un de mes trois disques préférés de tous les temps, et clairement le meilleur disque de guitares jamais réalisé. Pour info, et au cas où qui que ce soit en ait quelque chose à branler, les deux autres sont Spirit of Eden de Talk Talk et Abbey Road des Beatles (je ne parle ici que de la pop music, sinon faudrait caser In a Silent Way et Stellar Regions quelque part). Moi, c'est "Torn Curtain" qui m'achève totalement, avec cette mélodie à tomber dès que s'achève le roulement de caisse claire, et "Guiding Light", c'est la plus belle ballade des Stones que les Stones n'ont jamais faite. Quant au morceau titre, c'est juste époustouflant tellement ça emmène haut avec ces envolées de guitare à s'en crever les tympans, ce son de gratte entre le clair et le saturé. Et que dire de "Venus de Milo" ?
Tiens, je t'ai vu affirmer sur un autre sujet qu'Adventure n'était pas aussi bien. J'en sais rien car je ne l'ai pas écouté. Mais je peux dire que celui-ci

l'album de la reformation de 92 est génialissime, preuve que ce n'est pas le hasard qui a fait de Marquee Moon un chef d'oeuvre. Du coup, je hais qu'on dise que Television est un groupe dandy, ça sous-entend que c'est des branleurs, qu'il y a de la pose. Alors que rien que la première plage prouve que Television est le plus grand groupe de rock au monde, juste devant Crazy Horse et Creedence Clearwater Revival, et 10 000 lieues au dessus des Stones, évidemment - si le rock avait jamais été anglais, ça se saurait.

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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 26 Jan - 5:24

Yann G. a écrit:Yo. Je viens de relire ce passage mais non, non, non, non, non, et encore 995 fois non ! Il n'y a pas la moindre trace de Pink Floyd ou de Supertramp dans la musique que Wilco fait depuis Yankee Hotel Foxtrot. Lire des âneries pareilles me fait craindre le pire quant à ta santé mentale, et lorsque l'on sait le respect que je porte à tes goûts et à ta culture musicale, ce n'est pas rien de l'écrire ! Il y a du Television, du Gastr Del Sol, du Can, du Neil Young, du Mott The Hoople, du T-Rex, du Paul Williams, du Jackson Browne, du John Coltrane, du Albert Ayler dans les derniers albums de Wilco ... il y a même du Kiss - let's not get carried away - mais en aucun cas du Supertramp ... ou du Pink Floyd (au sens où j'imagine que tu l'entends, c'est à dire le Pink Floyd de Wish You Were Here). Cela voudrait dire que le groupe est devenu mielleux ou sucré, où je ne sais quoi ... J'ai peur qu'en fait tu ne sois pas tant fan de Jeff Tweedy que de Jay Bennett qui est le véritable auteur de Summerteeth. La vérité, c'est que l'album que Warner a commercialisé sous le nom de Summerteeth n'est pas celui voulu par Tweedy et le reste du groupe qui enregistra en réalité une série de chansons très sombres et dépouillées dans lesquelles Tweedy évoquait essentiellement le délitement de son couple. Des phrases telles que "She beg me not to hit here" (She's a Jar) ou "I dreamt about killing you again last night" (Via Chicago) étaient trop dures pour Tweedy qui préféra passer la main à Bennett lui donnant carte blanche pour rhabiller le disque de couleurs plus pop, au grand regret du reste du groupe. Stiratt notamment regretta cette orientation. Toutefois, cela restait encore trop invendable pour la maison de disque qui considéra que l'album ne contenait aucun single. On convoqua alors un directeur artistique, responsable de quelques succès commerciaux dans le domaine de l'adult pop qui travailla en duo avec Tweedy, produisant le morceau "I Can't Stand It". Le single, que Tweedy semble réellement détester, fit un flop dans les charts. Tweedy décida que ce serait la dernière concession qu'il ferait jamais à sa maison de disque, et c'est ainsi que commencèrent les déboires du groupe avec Reprise/Warner. Stiratt et les autres membres de Wilco, qui durent supporter la main-mise de Bennett sur Summerteeth. Ce dernier le paiera donc lorsque Tweedy découvrira un meilleur véhicule pour ses idées en la personne de Glenn Kotche, qui ets réellement celui qui a impulsé le son actuel de Wilco.
Je ne cherche pas à dire que Summerteeth est un mauvais album. Il contient des perles telles que "She's a Jar", "How to Find Loneliness", "Via Chicago" et "I'm Always in Love". C'est juste que ce n'est qu'une des multiples facettes de ce que le groupe peut produire, en réalité, c'est même uen sorte d'heureux accident et un disque relativement boudé par le groupe, qui finalement ne le joue presque jamais en live. Pour moi, et malgré les qualités indéniables du disque, Summerteeth arrive en avant-dernier, devant A.M., que je n'écoute pour ainsi dire jamais. Dans mon esprit, c'est Yankee Hotel Foxtrot qui représente le summum de ce que le groupe est capable de produire en termes d'arrangement et de cohérence globale. En ce qui concerne le songwriting de Tweedy, c'est pour moi Sky Blue Sky qui détient la palme. Quant à A Ghost is Born, c'est l'un des plus grands hommages à Television qu'on ait jamais pu produire, et toi qui aime tellement Marquee Moon, je vois mal comment du peux bouder un morceau comme Spiders.
Allez ... de ce pas, je retourne écouter les Sadies à ta santé !

Bon, réécoute "Theologians". Je suis désolé, cette mélodie est digne de Supertramp. Le pire, c'est que je ne déteste pas, car heureusement, ce n'est pas le son de Supertramp. Mais la mélodie me rappelle Supertramp. Désolé! Pareil pour Pink Floyd. Si le crescendo d'un "At Least That's What You Said" ne te rappelle pas Pink Floyd, c'est que tu n'as pas bien écouté Pink Floyd. Et si Tweedy a voulu s'approcher de Television, ce n'est qu'à moitié réussi.
Enfin, si, je suis un vrai fan de Tweedy, pas plus tard que cet après-midi, je visionnais encore le DVD de sa tournée solo, et j'adore. D'abord, je trouve qu'il chante extraordinairement juste, et que c'est un mélodiste exceptionnel. Ensuite, si, il chante autant de chansons de Summerteeth que d'autres albums en solo, et non, Bennett n'est pas responsable de ces compositions (à quelque exception près), qui se suffisent à elles-mêmes. Par contre, oui, je trouve que les arrangements de Bennett sur Summerteeth sont plus jouissifs que tout ce qu'ont fait Tweedy et O'Rourke sur les autres albums. Mais ça, ça doit être ma sensibilité pop prenant le dessus sur ma sensibilité indé (quasiment inexistante, puisque je n'aime ni Sonic Youth, ni PJ Harvey, etc).
Enfin, oui, depuis Yankee Hotel Foxtrot, Wilco a évolué vers un univers à la fois plus noisy et progressif. Il a abandonné les chansons "catchy". Maintenant, je ne dis pas que le vrai Tweedy est celui de Summerteeth. Le vrai Tweedy, c'est celui qui tourne en solo. Le groupe Wilco est une entité dont il n'est qu'un membre (le leader, certes, mais pas le groupe à lui seul). Je pense donc effectivement que Summerteeth fut peut-être un accident, un merveilleux accident, celui d'une collaboration (Tweedy-Bennett), et que cet accident a fait des Heureux (dont je suis). Il en va de même pour le Whereabouts de Sexsmith. Ce dernier trouve qu'il chante mal sur ce disque, et n'adore pas la production de Froom. Mais voilà: lorsque les artistes ont un contrôle total, ils ne vont pas forcément dans la bonne direction. Je dis bien: "pas forcément". Il m'arrive souvent de préférer, en musique, les oeuvres les plus accidentelles, imprévues, inattendues de la part de leurs auteurs. Qui prétend bien se connaître soi-même? Le DVD de Tweedy solo est de ce point de vue très intéressant: il n'y a pas que des chansons, mais pas mal de pensées de route, aussi. Tweedy parle volontiers, sur scène, il s'adresse à une audience, il parle tout seul, s'interroge sur ce qui est vrai, sur ce qui est irréel. Un artiste est un être humain qui ne sait pas ce qu'il veut, qui se frotte à l'expérience créatrice, et regarde où il va en étant son propre spectateur. Tweedy peut dire qu'il déteste Summerteeth aujourd'hui et dire qu'il aimera demain. Comme Lennon détestait "Being for the Benefit of Mr Kite!" pour constater plus tard que finalement, il aimait bien.
En clair, les oeuvres n'appartiennent plus à leurs auteurs, une fois qu'elles sont faites. Elles appartienent à ceux qui les aiment. C'est ça qui est beau: le public fait partie de l'histoire d'une oeuvre, de son parcours. Les artistes demeurent d'ailleurs très curieux de l'accueil qui est fait à leur travail. Le spectateur, le commentateur peut éclairer l'auteur sur son propre travail. Car il existe une multitude d'angles d'approche. C'est aussi ce qui est passionnant: les individualités.
D'ailleurs, ta façon d'aimer les derniers Wilco m'intéresse. J'aime beaucoup A Ghost Is Born. J'aime beaucoup Kicking Television. Mais Summerteeth reste l'album magique pour moi: c'est celui qui s'approche de mon Idéal. Notre Idéal doit être différent, Yann, that's all.


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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 26 Jan - 5:35

Yann G. a écrit:
Tiens, je t'ai vu affirmer sur un autre sujet qu'Adventure n'était pas aussi bien. J'en sais rien car je ne l'ai pas écouté.

Moi non plus. Mr. Green

C'est pas moi qui ai affirmé qu'Adventure était mauvais, c'est Walpurgis.

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Re: Top 100

Message  johnny99 le Sam 26 Jan - 11:32

Disserter sur Wilco, Television et Supertramp à 3h00 de la nuit, pendant qu'au même moment, d'autres sont en boite, dansant sur quelques titres house ou tektonik est assez fumeux quand même!! Mr. Green

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Re: Top 100

Message  Yann G. le Sam 26 Jan - 13:28

Hugues a écrit:Mais voilà: lorsque les artistes ont un contrôle total, ils ne vont pas forcément dans la bonne direction. Je dis bien: "pas forcément". Il m'arrive souvent de préférer, en musique, les oeuvres les plus accidentelles, imprévues, inattendues de la part de leurs auteurs.[...] En clair, les oeuvres n'appartiennent plus à leurs auteurs, une fois qu'elles sont faites. Elles appartienent à ceux qui les aiment. C'est ça qui est beau: le public fait partie de l'histoire d'une oeuvre, de son parcours.

Ouaip, ça c'est un truc avec lequel je suis d'accord. C'est pour ça qu'à part dans des cas extrêmes de charcutage, je suis assez contre les Director's Cut et autres rééditions révisées foireuses. On peut dire ce qu'on veut de Let It be ... Naked, revu par Paul McCartney, c'est le mix de Spector qui restera dans l'histoire.
Donc, sur ce point, on est d'accord. Comme sur le fait que ton disque préféré est Summerteeth, ça, je ne peux quand même pas te l'enlever ! Par contre, pour moi, Theologians lorgne surtout du côté de Bowie ("Changes", par exemple). C'est d'ailleurs pour cela que si j'aime bien A Ghost is Born, ce n'est pas mon préféré, il reste un peu trop référentiel, à mon goût. Mais certains de mes amis ont scotché sur ce disque, donc ... les goûts et les couleurs.
En fait, je réalise que les gens préfèrent souvent le disque de Wilco qui leur a fait découvrir le groupe. Beaucoup ne pardonnent pas à celui-ci le virage pop pris par le groupe après Being There ... D'ailleurs, dans la bio de Wilco, t'apprends que beaucoup de fans du groupe ainsi que certains DA de Warner ont trouvé le double album prétentieux et arty ... les gars de la maison de disque voyait en Tweedy le futur Tom Petty en fait, et ils souhaitaient voir le groupe continuer dans une veine country rock énergique, alors qu'au même moment apparaissait Whiskeytown. Or, Tweedy a fait savoir maintes fois que la musique de Ryan Adams ne l'intéresse pas. D'autres croyaient plus dans le développement de Jay Farrar, mais le peu d'évolution de la musique de Son Volt a tôt fait de les démentir.
En ce qui me concerne, je pense que ça ne sert à rien qu'un groupe fasse deux fois la même chose. La discographie de Wilco n'a pas besoin d'un second Being There ou Summerteeth.
Mais comme tu l'as dit, Jeff Tweedy est un type génial à lui seul. C'est pour ça que contrairement à la meute des fans du groupe, je ne m'intéresse pas à l'éventualité d'un départ du groupe de Nels Cline ou Glenn Kotche. Je pense que le groupe a pondu des grands disques avant leur arrivée, et après aussi. Si je me mettais à regretter la présence de X ou Y, je serais juste comme tous les autres ... le truc le plus drôle, c'est qu'en 2002, beaucoup ont prétendu que le départ de Bennett scellerait la fin de Wilco, qu'il était irremplaçable, car il n'y avait pas de meilleur lead guitariste pour le groupe. Ce qui est quand même plus que risible, pour ceux qui ont pu constater quel a été l'apport de Nels Cline, rien que sur scène.

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Re: Top 100

Message  Yann G. le Sam 26 Jan - 13:29

johnny99 a écrit:Disserter sur Wilco, Television et Supertramp à 3h00 de la nuit, pendant qu'au même moment, d'autres sont en boite, dansant sur quelques titres house ou tektonik est assez fumeux quand même!! Mr. Green

Yep, j'habite à cinq minutes en caisse du Metropolis, la boîte de Rungis où tout a commencé. Dans 10 ans, ce bouge infâme sera peut-être plus célèbre que le CGBG, qui sait ?
cherry

En même temps, ça m'étonnerait un peu ...

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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 26 Jan - 13:43

Je visite régulièrement le forum des fans de Wilco (viachicago.org), et je peux te dire que chaque album de Wilco, de A.M. au dernier, a ses nombreux partisans acharnés. C'est à peine si certains de ces albums emportent plus d'adhésion que d'autres (en gros, Being There et Yankee Hotel Foxtrot font un poil plus d'unanimité).

Moi j'y ai lancé un sujet sur une thèse selon laquelle le grand Wilco ne serait vraiment né qu'à partir de Being There, et je n'ai fait que faire réagir une horde de défenseurs de A.M.. Mr. Green

C'est la même histoire avec Uncle Tupelo: les partisans de Tweedy d'un côté, de Farrar de l'autre, sont aussi nombreux que divisés.

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Re: Top 100

Message  Michou le Sam 1 Mar - 3:26

100 disques...Il y aurait des redites avec des artistes qui m'ont marqué comme Tom Petty, Johnny Cash, Alain Bashung ou encore Chopin. Et puis c'est une liste qui peut évoluer constamment au fil des découvertes. Quelques noms qui me viennent à l'esprit dans le désordre :

Marvin Gaye-What's going on-
Eric Bibb-Diamond Days-
Lee Hazlewood-Cake or Death-
Frederic Chopin-Valses/Nocturnes/Etudes
Johnny Cash-Solitary Man-
Johnny Cash-At Folsom Prison-
Tom Petty-Full Moon Fever-
Alain Bashung-Fantaisie Militaire-
Alain Bashung-Osez Joséphine-
Alain Bashung-La tournée des grands espaces-
Alain Bashung-L'imprudence-
Jean-Jacques Goldman-En passant-
Jean-Jacques Milteau-Blue 3rd-
Hector Berlioz-La damnation de Faust-
The Velvet underground & Nico-
Taj Mahal-Phantom Blues-
Mark Knopfler-Shangri-La-
Bruce Springsteen-Magic-
Bruce Springsteen-Born to Run-
Bernard Lavilliers-Carnets de Bord-
Lonnie Donegan-Puttin'on the Country Style-
Michael Jackson-Dangerous-
Michel Polnareff-La folie des grandeurs-
Queen-A night at the opera-
Pink Floyd-The Dark Side of the Moon-
Richard Bennett-Themes from a rainy decade-
Serge Gainsbourg-Histoire de Melody Nelson-

Voilà les quelques albums qui me viennent machinalement à l'esprit.

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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 1 Mar - 11:44

Michou a écrit:Frederic Chopin-Valses/Nocturnes/Etudes

Cela nous fait un choix commun. Chopin aurait eu aujourd'hui 198 ans.


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Re: Top 100

Message  Michou le Sam 1 Mar - 12:04

Oh tu sais, je suis très jeune. Je n'ai pas encore eu le temps de tout écouter. Comme pour le moment pas grand chose ne me passionne dans la musique actuelle, je me renseigne sur les disques/artistes passés.

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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 1 Mar - 15:07

Michou a écrit:Je n'ai pas encore eu le temps de tout écouter.

Moi non plus. Mr. Green

Ma folie étant probablement de le vouloir, quelque part. geek

Mon objectif ultime étant cependant de m'exprimer sur ce que j'écoute.

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Re: Top 100

Message  Michou le Sam 1 Mar - 17:05

Hugues a écrit:
Michou a écrit:Je n'ai pas encore eu le temps de tout écouter.

Moi non plus. Mr. Green

Ma folie étant probablement de le vouloir, quelque part. geek

Mon objectif ultime étant cependant de m'exprimer sur ce que j'écoute.

Il y a un peu de ça. La seule différence est que, contrairement à toi, je ne me fixe aucune limite à tout écouter, y compris les artistes préjugés faire de la merde.

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Re: Top 100

Message  Hugues le Sam 1 Mar - 17:33

Michou a écrit:La seule différence est que, contrairement à toi, je ne me fixe aucune limite à tout écouter, y compris les artistes préjugés faire de la merde.

Je suis beaucoup plus ouvert que ce que tu crois. Je suis disposé à écouter n'importe quoi, du moment que j'en ai l'opportunité, ou la disponibilité (cette dernière devient assez rare, avec le temps).

Mais pour avoir été animateur radio pendant deux ans, et reçu des paquets de CD par semaine à écouter et sélectionner pour une radio locale, je peux te dire qu'on apprend vite à faire le tri. Il n'y a rien de plus barbant que de s'envoyer daube sur daube, avec de surcroît une sorte de conscience professionnelle qui nous pousse à faire preuve de patience pour constater que "non, c'est à chier" après 20 minutes de gaspillage de temps précieux (pour chaque CD). Tu ne me convaincras donc pas que la daube en musique n'existe pas, j'en ai écouté plein, du genre que j'étais même bien incapable d'imaginer.

Enfin, écoutant surtout ce que j'achète, et n'étant pas disposé à acheter n'importe quoi, je fais des choix, et mes choix se dirigent vers ce qui m'attire en priorité. J'ai donc davantage tendance à m'abstenir d'opinion sur ce que je n'ai pas écouté qu'à m'encombrer de préjugés inutiles.

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Re: Top 100

Message  Michou le Sam 1 Mar - 18:50

Hugues a écrit:
Enfin, écoutant surtout ce que j'achète, et n'étant pas disposé à acheter n'importe quoi, je fais des choix, et mes choix se dirigent vers ce qui m'attire en priorité. J'ai donc davantage tendance à m'abstenir d'opinion sur ce que je n'ai pas écouté qu'à m'encombrer de préjugés inutiles.

C'est mon cas aussi puisque par définition je ne peux écouter que ce je possède. Autrement dit, j'ai besoin d'écouter plusieurs fois un album pour l'apprécier. Donc je les achète, autant dire que cela prend du temps (et de l'argent).

Je n'ai pas eu la chance de bosser en radio pour pouvoir écouter des centaines de disques. Mais, je prends un exemple grossier, prenons le cas de Lorie. Ce serait extrêmement choquant de descendre cette chanteuse si je n'avais pris le temps d'écouter "son oeuvre". Je me suis tapé 3 de ses albums, et je confirme bien que c'est inintéressant...pour moi. Il n'en est pas de même pour les petites filles de 8 ans. Et cela aussi il faut le respecter.

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Message  Hugues le Sam 1 Mar - 20:10

Michou a écrit:Je prends un exemple grossier, prenons le cas de Lorie. Ce serait extrêmement choquant de descendre cette chanteuse si je n'avais pris le temps d'écouter "son oeuvre". Je me suis tapé 3 de ses albums, et je confirme bien que c'est inintéressant...pour moi. Il n'en est pas de même pour les petites filles de 8 ans. Et cela aussi il faut le respecter.

Je ne vois rien à redire à ceci sur le principe, mais un point me gêne, et il est difficile d'en être dupe: il y a un marché derrière ceci, un marché qui exploite une audience jeune avec démagogie, et grossièreté.

Autrement dit, j'ignore qui respecte la fille de 8 ans le plus: celui qui se soucie de l'éduquer, ou celui qui la laisse sous influence d'un système mercantile? Tu as quand même bien conscience que la jeunesse est abrutie par ce genre de marché? C'est la même génération qui écrit en langage SMS aujourd'hui, tu vois un peu les dégâts? Ce ne sont pas des mauvais bougres, certes, mais est-il permis d'avoir quelque exigence culturelle sans pour autant passer pour un modèle d'intolérance?

Maintenant, j'admets que des perles peuvent surgir au coeur de ce marché, c'est tout le paradoxe de la chose, mais quand même très injuste en regard d'artistes qui refusent d'entrer dans ce système, et que les labels mercantiles, sans directeur artistique digne de ce nom, négligent ouvertement.

En d'autres termes, en acceptant de passer du temps à écouter la musique que nous imposent ces labels mercantiles, on accepte la loi de ces labels dont on n'apprécie pas les décisions (douce litote).

Chacun fait ce qu'il veut, certes - encore que la publicité soit d'un despotisme qu'on est en droit de vomir. Moi, j'observe un marché que je juge culturellement néfaste. Je défends le divertissement, mais de qualité.

Maintenant, ceci ne m'empêchera pas d'apprécier une musique que je trouve bonne, quel que soit le label qui la promeut. J'ai aussi cette indépendance-là.


Dernière édition par Hugues le Lun 3 Mar - 19:41, édité 1 fois

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